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Intelligence situationnelle et adaptabilité

Dernière mise à jour : 23 janv. 2023

« L’adaptabilité s'acquiert par l'expérience du changement » Daniel Jouve


La seule chose qui ne change pas, c’est que tout change ! Héraclite, philosophe grec, pointait déjà au 5ème siècle avant Jésus Christ que le changement est inévitable. Désormais, le rythme du changement s’est considérablement accéléré. La magnitude des changements observés et le fait qu’aucun domaine (climatique, socio-économique, technologique, politique) n’échappe au changement alimentent au plus haut point notre incertitude sur l’avenir.


Cet imprévu met à mal nos repères. Il nous confronte plus souvent et plus intensément aux limites de notre connaissance. La période actuelle (résurgence soudaine d’une forte inflation, installation durable du covid…) nous confirme plus que jamais la nécessité de nous adapter.


Adapter nos connaissances pour tirer parti du changement, c’est faire preuve d’intelligence situationnelle ou contextuelle[1].

On peut avoir un quotient intellectuel et émotionnel[2] élevé mais ne pas vouloir ou pouvoir s’adapter. Les personnes au parcours exceptionnel ont souvent de la peine à accepter que la situation a changé. Elle continue, par fixité fonctionnelle[3], d’adopter une seule manière de réagir dans de nouveaux contextes. Nombreuses sont les entreprises jadis leaders qui n’ont pas su s’adapter aux changements de leur marché : Moulinex qui a refusé d’adapter ses tarifs et ses produits malgré l’arrivée de concurrents asiatiques ; Blackberry, qui a trop longtemps sacrifié l’ergonomie utilisateur à la sécurité des données ou tout récemment l’enseigne Camaieu qui, certes plombée par des LBOs successifs, n’a pas vu la nécessité impérieuse d’investir dans la vente en ligne.


Comprendre les évolutions de son environnement permet de développer son adaptabilité.


La faculté d'adaptation - ou l’adaptabilité – repose sur l'aisance à repenser ses propres croyances et automatismes habituels, au gré des événements. Accueillir le changement, c’est paradoxalement désapprendre. Il s’agit en quelque sorte de revenir à l’état d’esprit du novice afin d’intégrer ensuite de nouvelles informations et de déployer un savoir-agir remodelé.



Comment développer son adaptabilité et donc son intelligence situationnelle ?

  • Analyser rapidement la situation. Il importe de questionner son environnement, en considérant les obstacles comme des opportunités et en prenat conscience de ses propres forces et faiblesses. Une meilleure confiance en soi et une bonne connaissance de ses limites permettent ensuite d’expérimenter sereinement.

  • Accueillir les changements comme un nouveau commencement. On peut apprendre à gérer ses émotions car les changements de contexte génèrent du stress. Or le cortisol, l’hormone du stress détruit nos cellules et nous rend moins adaptable. Apprendre à gérer son stress permet de surmonter ses peurs

  • Adopter de nouveaux comportements. Pour sortir de sa zone de confort, il faut faire preuve de curiosité. On peut se lancer des défis, en commençant par réagir aux petits imprévus. Pour les organisations, oser innover consiste à rechercher la bonne tension entre exploration et exploitation (ambidextrie organisationnelle[4]). Les entreprises ont naturellement tendance à sur-considérer l’exploitation de leur activité actuelle au détriment de l’exploration de voies nouvelles (Blockbuster, longtemps leader de la location de DVD avant de déposer le bilan en 2010 avait préféré gérer à la fin des années 1990 la croissance du nombre de ses boutiques au rachat de Netflix, concurrent qui entamait alors sa conversion à la location en ligne).


Vous souhaitez évaluer votre capacité d’adaptation et développer votre intelligence situationnelle et/ou celle de votre équipe ? Contactez-nous !

[1] Wagner, R.K. (1987). Tacit knowledge in everyday intelligent behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 52, 1236-1247

[3] Karl Duncker et le test de la bougie / Zur Psychologie des produktiven Denkens, Berlin, Springer, 1935

[4] Raisch, S., & Birkinshaw, J. (2008). Organizational Ambidexterity: Antecedents, Outcomes, and Moderators. Journal of Management, 34(3), 375–409. https://doi.org/10.1177/0149206308316058




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